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Biographie Page 5

Le matin suivant, après de brefs adieux, les Byron poursuivirent leur chemin vers Montréal. Leur « Voyage de Découverte » prenait fin.

Il était maintenant temps de penser à leur situation financière. Gerald se demandait s'il devait se concentrer sur sa prochaine exposition qui demeurait encore incertaine. L'épreuve pénible qu'il avait vécue à Saint-Eustache avait affecté son état émotionnel et il hésitait à assumer un autre risque. Même si son état de santé s'était amélioré de façon significative au cours des trois dernières années, sa vie chaotique et son comportement impétueux l'avaient rendu faible et fragile. Bien que plusieurs facteurs jouaient en sa faveur, il faisait face à des défis de taille. Il était particulièrement préoccupé par le besoin de modifier sa stratégie de marketing et de rectifier son manque de liquidités. Les collègues qu'il avait approchés étaient tous sous-capitalisés et peu enclins à courir des risques; en d'autres mots, ils étaient réticents à lui avancer de l'argent et invoquaient la pauvreté.

Gerald a beaucoup aimé les défis et les réussites qui ont marqué cette période, mais les problèmes financiers étaient une source d'exaspération. Bien que ce voyage ait sérieusement sapé ses forces, il était habité par une intuition clairvoyante et il avait la ferme conviction que son exposition aurait lieu dans un avenir très rapproché. Un de ses associés lui proposa d'aller voir le gérant de l'hôtel Laurentien à Montréal. Celui-ci avait exprimé un intérêt à exposer les tableaux de Gerald. Il conclut une entente pour l'exposition de ses peintures dans la mezzanine de l'hôtel pour une période de trois semaines à partir du 28 octobre 1961. Pendant ce temps, il comptait mettre la touche finale à ses derniers tableaux.

Déterminé à peindre certains membres âgés de leur famille : grand-maman, grand-papa et papa Joe, Gerald vint à bout de leurs préoccupations qu'ils seraient des modèles peu attrayants et inappropriés. Ces vieillards, qui avaient accepté de poser à contrecoeur, ne se gênaient pas de manifester leur contrariété aussi bien verbalement que physiquement. Ils n'avaient pas la patience pour poser durant de longues périodes de temps.

Gerald avait développé une telle aptitude qu'il pouvait dessiner de mémoire et à partir de son imagination. La maîtrise des perspectives, des proportions, de la lumière et des ombres était devenue seconde nature chez lui. Gerald devint fasciné par l'extrapolation, une technique courante en peinture, qu'il utilisa avec Françoise. Plutôt que de la peindre comme il la voyait, il réalisa une série de portraits d'elle dans lesquels il la représentait comme il se l'imaginait à l'âge de quatre-vingts ans. Il était fasciné par son apparance future et, quelque soixante ans plus tard, elle témoignerait de l'exactitude des prédictions de son mari. De fait, elle ressemblait de façon frappante aux peintures qu'il avait faites d'elle.

Gerald était poussé par le pressentiment que son temps sur terre touchait à sa fin. Il ne se donnait aucun répit, passant du portrait à des thèmes plus complexes. Il désirait vivement s'immerser dans les images, les sons et les odeurs du port de Montréal. Comme il l'avait démontré plus tôt à Gaspé, Gerald était un passionné des quais, des bateaux et de l'eau de mer. Fascination et palette étaient au rendez-vous. Françoise se plaignait beaucoup de l'état lamentable de leur logement dans le Vieux-Montréal. De son côté, Gerald préférait vivre dans des conditions sordides car, selon lui, ce genre d'environnement correspondait bien à ses priorités artistiques. Habiter dans ce quartier aussi peu recommandable, où il pouvait absorber la vie et la culture des docks, lui permettait de réaliser ses ambitions.

Passionné par son art, Gerald pouvait passer jusqu'à douze heures par jour sur les docks à peindre fébrilement. Il était tellement absorbé qu'il ne voyait pas le temps passer, tandis que Françoise, désespérée, l'attendait à la maison. Si elle soupçonnait qu'il avait perdu la notion du temps, elle se dirigeait vers le port pour savoir où il se trouvait. Un soir il disparut, et demeura introuvable pour ce qui sembla être une éternité. Croyant qu'il était tombé du quai, elle informa les policiers de sa disparition. Plusieurs voitures de police participèrent à sa recherche. Il fallut quatre heures à la police pour le retrouver

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