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Biographie Page 3

Les terres boisées des Laurentides l'éblouirent. Les montagnes et les lacs s'étendaient à perte de vue. C'était un endroit créé pour le peintre. Gerald fut fasciné, mais aussi intimidé par les éléments naturels qui l'entouraient. Les images étaient tout simplement parfaites. Les longues randonnées dans les régions montagneuses et sauvages furent pour lui le seul accroc à cette expérience. Ces randonnées l'épuisaient. Un jour, en fin d'après-midi, les yeux las, Gerald surprit Françoise en lui disant qu'il avait l'impression qu'il ne lui restait plus beaucoup de temps, mais qu'elle ne devait pas trop se préoccuper puisque rien ne viendrait compromettre leur rêve. Il luttait pour rester fort, mais échoua de façon lamentable. Il trouva une solution simple : écourter leur séjour dans cette région. C'est ainsi qu'ils aboutirent prématurément en Gaspésie.

Cette étape de leur voyage a été la plus spectaculaire; la mer et le sable s'unissaient pour créer un paysage incomparable. De plus, la Gaspésie possède une richesse d'images uniques : petits villages de pêche pittoresques, chemins de terre, trottoirs de bois et maisons de bois aux couleurs vives, mais délabrées. Gerald fut particulièrement attiré par les paysages marins. Il avait étudié l'action de la lumière et de l'ombre sur l'eau, ce qui lui permit de donner l'illusion de profondeur à ce sujet reconnu pour sa difficulté. Là où un soupçon de lumière aurait pu créer une scène spectaculaire, Gerald préférait une approche stylisée pour la représenter.

À Gaspé, quelques-uns des paysages côtiers les plus spectaculaires de l'Est canadien s'offraient à la vue de Gerald. Il entreprit de capter certaines de ces scènes exceptionnelles. En plus de combler son besoin de solitude, le temps passé en Gaspésie lui permit de se livrer au plaisir de socialiser avec les gens de la place.

Son art exigeait de Gerald toute sa concentration et il devait se rendre dans des endroits isolés pour trouver une solitude totale. Peu de temps après son arrivée à un endroit, les curieux se rassemblaient pour observer l'artiste et exprimaient le désir d'acheter de ses tableaux. Françoise leur demandait poliment, mais souvent sans succès, de se disperser. Certains curieux les suivaient d'un endroit à l'autre, comportement qui surprenait Françoise. Ces interruptions de plus en plus fréquentes incitèrent Gerald à déplacer son « Voyage de Découverte » au bord de la mer. Le jour où il acheta sa première embarcation, il était comme un enfant dans une confiserie. Il aimait ramer pour se rendre à ses destinations. Amarré à quelque distance de la côte, il se consacrait pendant des heures à la peinture. Parfois, il rêvait de se procurer un moteur.

Il ne désirait rien de plus que d'être exactement là où il se trouvait, à bord de sa chaloupe, observant la côte de Gaspé. De son poste d'observation, Gerald avait une vue superbe pour peindre le paysage grandiose de Gaspé. Il découvrit que c'était la meilleure façon de capter des images sur le vif. Cependant, c'était toujours un défi de choisir des moments où l'eau serait calme. Si le vent s'élevait sans avertissement, les eaux se transformaient en un tourbillon violent de vagues crêtées d'écume et de houle. Les jours de pluie, il continuait à peindre en se couvrant, ainsi que son chevalet, d'une grande bâche. Il dut recourir souvent à cette tactique. Françoise aurait bien aimé accompagner son mari dans ses excursions, mais Gerald avait signifié qu'il préférait partir seul et en silence.

Gerald avait le sentiment que son travail prenait une toute autre orientation. Son sens des couleurs lui avait permis de se tailler une.réputation enviable. Une nuit, Gerald eut un rêve si effrayant qu'il se réveilla couvert de sueurs froides. Il ne parvenait pas à se débarrasser de ce rêve dans lequel la maisonnette qu'ils habitaient à Gaspé brûlait. En dépit des paroles rassurantes de Françoise, sa façon de voir la chose changea. Il craignait que ce rêve ne devienne réalité. Aux prises avec cette crainte, il transporta ses tableaux de la maison au véhicule. Gerald passa les quatre dernières nuits à Gaspé à dormir dans la voiture avec ses précieuses peintures. Le couple reprendrait bientôt la route en direction de Montréal.

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