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Le récit - Page 4

Jusqu'à maintenant, il semblerait qu'aucune biographie de Gerald Byron n'ait été écrite. Aucun de ses contemporains n'a mis en question son talent artistique ou sa recherche de la perfection, recherche qu'il poursuivait pour sa satisfaction personnelle. Bien que Gerald Byron ait été un photographe exceptionnel, il a été frustré par les limites de la photographie de l'époque. Ne pouvant obtenir le montant de détails et de composition qu'il recherchait, il se tourna vers la peinture.

On pourrait croire que la mort subite de Gerald et la pauvreté dans laquelle il l'avait laissée auraient mené Françoise au désespoir. Bien que fortement préoccupée par sa situation, elle constata qu'il faut parfois une tragédie pour remettre les choses en perspective. .

Pendant son deuil, elle dut subir l'intimidation, la manipulation et la perversion de la part des personnes qui auraient dû l'appuyer. À l'occasion d'un décès, certaines gens font fi de l'amitié, des liens familiaux et de la loyauté; comme des vautours, ils s'emparent de tout. Le seul ami en qui Françoise avait entièrement confiance était Marc-Aurèle Fortin. Lorsqu'il apprit la mauvaise nouvelle, il vida son studio de Ste-Rose, s'amena à Montréal et offrit 12 œuvres d'art à Françoise. Elle m'a dit qu'il s'agissait là d'un homme honorable, d'un grand homme qu'elle n'oublierait jamais.

D'un autre côté, elle avait peu de bonnes choses à dire au sujet de sa riche sœur Gaby. Alors que la compassion aurait été de rigueur, Gaby était venue pour s'emparer d'une grande partie des peintures de Marc-Aurèle Fortin. De plus, sans aucune raison apparente, Gaby s'en était pris violemment à Françoise à plusieurs reprises. Françoise disait que Gaby avait une personnalité psychopathique. Bien que les psychiatres évitent d'utiliser le mot « malveillant » lorsqu'ils posent un diagnostic, Françoise était convaincue que le mot s'appliquait très bien dans le cas de Gaby.

En conséquence, Françoise est devenue méfiante durant cette période de vulnérabilité; elle en voulait à sa sœur et à tous ceux et celles qui avaient cherché à l'exploiter. Ultimement, son courage lui a permis de surmonter l'injustice. Françoise a répété à maintes reprises que le désir de son mari d'être reconnu et célèbre n'était pas égoïste. Elle déclarait que c'était maintenant sa responsabilité d'assurer sa renommée. Au fil des années, le rêve de Gerald de présenter son œuvre dans une exposition angoissait Françoise de plus en plus. Elle se posait souvent la question : « Est-ce qu'une exposition est vraiment la réponse? » En dépit de ses meilleurs efforts, elle doutait d'elle-même; elle était même victime d'une certaine paranoïa. En fin de compte, elle laissa filer les années et après cinquante ans, le projet n'avait toujours pas vu le jour.

Alors que je la veillais à la fin, j'ai essayé encore une fois, mais en vain, d'aborder la question d'une exposition. J'étais conscient que le temps fuyait et qu'une solution s'imposait. Son état de santé dépérissait. Même si j'essayais de ne pas y penser, je savais que la fin approchait.

Et ce qui devait arriver arriva. Françoise décéda le 31 janvier 2004 durant son sommeil. Sa mort me causa un chagrin extrême. Je ne pouvais tout simplement pas la quitter ou l'éloigner de l'œuvre de son mari.

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