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Le récit - Page 3

Sait-on vraiment qui était Gerald Byron? Ce que l'on peut affirmer c'est que les activités autodestructrices de sa jeunesse, activités qui auraient des retombées désastreuses pour lui et son entourage, étaient attribuables au sentiment qu'il avait de sa propre mortalité et à une prémonition que la mort n'était jamais loin. Avant tout, il était prisonnier de son désir de peindre. Comme plusieurs autres personnages créateurs de l'histoire, il pouvait se donner entièrement à son art pendant des semaines, voire des années. À l'époque, Françoise ne pouvait pas comprendre pourquoi son mari s'isolait du reste du monde pendant de longues périodes. Ultimement, Gerald dut payer le prix de cet isolement qui eut des conséquences graves et entraîna de grandes difficultés à la fin de sa vie.

D'une part, Françoise acceptait entièrement le stress émotionnel et psychologique qu'il s'imposait à lui-même et aux autres. D'autre part, elle devait créer un équilibre émotionnel et un sentiment de stabilité entre elle et son mari. En fin de compte, elle se trouva inefficace, en déséquilibre émotionnel et impuissante.

Gerald avait toujours su qu'il souffrait d'une maladie du cœur sérieuse. Pendant les quatre dernières années de sa vie, de 1958 à 1961, il dût se rendre à l'évidence que la situation s'aggravait. À cause de sa maladie, il lui était impossible d'exercer son travail d'architecte ou de photographe. Il parvenait à gagner sa vie en faisant des menus travaux à l'occasion. Son ami et confident, Marc-Aurèle Fortin, l'encouragea à explorer la peinture et lui donna tout son appui moral.

Françoise racontait que Gerald et M. Fortin se rencontraient périodiquement soit chez l'un à Montréal, soit chez l'autre à Ste-Rose et qu'ils s'enfermaient dans le studio. Leur objectif : peindre, s'enivrer et se faire une compétition amicale. Ces soirées se terminaient presque toujours par une engueulade. Les deux s'entêtaient à vanter leur propre supériorité en matière de peinture. Ils allaient jusqu'à détruire certaines œuvres de leur adversaire et, parfois, à se lancer de la peinture. Françoise était toujours partagée entre le rire et la peur. Cependant, après chacun de ces incidents, les deux artistes redevenaient meilleurs amis.

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